La Dynamique de groupe

L’animateur est un acteur social qui travaille avec le groupe.
Avant d’intervenir ou d’agir auprès d’un enfant, l’animateur doit donc se poser la question de savoir si le comportement de l’enfant résulte du groupe ou de son individualité propre.
Qu’est-ce qu’un groupe ?
Le groupe, c’est :
- Un ensemble de minimum 3 personnes (un tiers qui intervient dans une paire)
- Il a une action commune, un intérêt commun
- C’est une force
- Il est composé de leadeurs et suiveurs, positif ou négatif poste tournant
- Il est une force
Le groupe, ce n’est pas :
- Une individualité
- Une action individuelle
- Un agrégat d’individus
- Des intérêts en commun
Il s’agit alors d’un rassemblement
Selon Lewin, le groupe faire réagir et peut faire évoluer / changer l’individu.
Selon Scherif, il est un tout, différent de ses partis (de la somme des individus qui le compose).
Pour Sartre (philosophe), le groupe se définit, dans la critique de la raison dialectique, comme ayant :
-Un intérêt commun
-Une communication directe
-Un groupe antagoniste (pour exister, le groupe a besoin de l’existence d’un groupe « inverse », pour pouvoir s’affirmer et exister.
Sans cela, il n’y a pas de groupe, mais un rassemblement.
Le groupe peut être un choix, ou un groupe institutionnel, c'est-à-dire une obligation d’être ensemble sans objectif commun (d’où la naissance parfois d’un bouc émissaire pour faire émerger ce groupe). L’ALSH, il y a groupe institutionnel, mais pas forcément de groupe en tant quel tel.
Au sein du groupe, il y a constitution de normes. C'est-à-dire des règles établies par le groupe lui-même. Pour un même individu, il peut donc y avoir un conflit normatif entre les différentes normes de ses différents groupes (cercle familial, normes de l’école…).
Cette normalisation peut se faire par :
- conformisme (effet de l’influence par la majorité du groupe)
- complaisance (je donne l’avis que l’on veut me faire dire)
- identification (parce-que le groupe me « représente »)
- intériorisation (on se retrouve complètement dans les normes du groupe)
Les normes au sein du groupe peuvent se faire par consensus ou par polarisation (avis qui s’amplifie sous l’effet du groupe) avec des arguments persuasifs, de l’auto-catégorisation (sorte de conformisme), ou de la comparaison sociale. Les normes du groupe va donc aller plus loin que la simple somme des avis de chaque individu qui la compose.
Dans un groupe, chaque individu qui le compose joue un rôle, se conforme à l’idée que l’on veut de moi. Si une minorité n’est pas d’accord avec les normes du groupe, deux solutions peuvent naître : l’exclusion ou la prise en compte de cette minorité qui deviendra alors une minorité active (avis minoritaire qui s’impose contre un consensus, il y a alors risque de conflit).
Les normes, l’appartenance a un groupe permet parfois une soumission à l’autorité : déculpabilisation de l’individu qui s’appuie derrière sa hiérarchie. Ce sont les normes par exemple au sein du cercle familial, de l’école, du travail.
Mais les normes des groupes facilitent également la vie collective et quotidienne.
Le groupe conditionne l’individu.
Les minorités ne sont pas forcément quantitatives mais qualitatives : pas par rapport au nombre de personnes qui la représentent, mais par rapport au pouvoir hiérarchique dans le groupe (pouvoir de fait des patrons par rapport aux ouvriers par exemple).
Les minorités peuvent être discréditées :
-De façon interindividuelle : décridibilisation par psychologisation de la source (paranoïaque…)
prise de distance : pour ne pas y être assimilée
-De façon cognitive : faire fit du discours pour qu’il ne prenne pas le pas
Sans place pour une minorité active, ou si celle-ci peut être discridibilisée, cela va entraîner un consensus.
Sans cela, la minorité active permet d’ouvrir les débats et potentiellement apporter le changement.
Selon Moscovici, le changement peut se faire par n’importe quel membre du groupe, quelques soit sa place et sa hiérarchie. C’est la force de la minorité active.
A VOIR
SARTRE
LEVIN
SHERIF
MOSCOVICI
TEST DE PIGUEMALLON
LIVRE : L’AUTONOMIE DES ASSISTES DE PANGAM SERGE



